Résumé : Mitrush Kuteli – de son véritable nom Dhimiter Pasko – fit partie de l’élite littéraire et scientifique albanaise des années quarante. Docteur en sciences économiques, ethnologue et nouvelliste, il fut emprisonné, torturé et interdit de publication car considéré comme un ennemi du parti. Traduit ici par Klara Buda, le récit Mon village sait boire le raki rend compte de l’atmosphère et du registre singulier de cet auteur sans égal, père fondateur de la prose moderne albanaise dont Ismail Kadare reconnaîtra l’influence dans son écriture, et qui restera pour son pays ce que furent sous d’autres cieux un Perrault ou un Andersen.

Citation : « Et que tout le monde le sache, non seulement tout le monde, mais toute l’Albanie : nos verres ne nous tombent jamais des mains ; et nous crierons sans trève :  »Nous mourrons le verre en main couronnés comme des gens mariés. » »

Les + :
– une certaine poésie

Les – :
– boire, boire et boire

Mon avis : 05/20
Là je dois avouer que je suis passée à côté de ce récit. Quand j’ai lu la quatrième de couverture qui annonçait un conte comme ceux de Perrault ou d’Andersen, je me suis dit que ce qui m’attendait devait être absolument fabuleux. Quelle ne fut pas ma déception.
Pour moi, le récit n’est rien d’autre qu’une apologie de la boisson. Un homme fier d’avoir un village d’alcooliques. Apparemment il faudrait lire le livre une seconde fois pour comprendre les subtilités du récit. Mais même si ce ne sont que cent pages, une seule fois m’a suffit.
Un homme nous raconte donc comment les bébés sont nourris au raki dans leurs biberons dans ce village mirifique, comment les enfants sont forcés de boire leurs verres à table pour prouver qu’ils sont des hommes et j’en passe. Car dans le village de Mitrush Kuteli, on ne boit pas d’eau, c’est un outrage. On boit du raki.
Alors que penser des hommes qui sont tous ivres l’après-midi tout juste entamé ? Mais simplement qu’ils sont de bons voisins, car on ne passerait pas chez un voisin, chez un ami qui plus est, sans goûter son raki. La bouteille est ouverte ? Sacrilège que d’en laisser une goutte !
Alors j’ai pu apprécier une certaine poésie en lisant entre les lignes, mais je crois qu’un livre sur l’alcool et ses « bienfaits » n’aurait jamais pu me combler.

En bref, une apologie de la boisson d’une petite centaine de pages. Comme un verre de raki, ça ne peut pas faire de mal. A outrance, ça fait drôlement tourner la tête. Comparer cela à du Andersen ou du Perrault ? Je cherche encore…

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