Résumé : Vous pensez bien vous connaître ? Vos travers et vos anxiétés n’ont aucun secret pour vous ? Julien Lefèvre le pensait aussi. Ses angoisses occupaient un espace bien précis près de ses médicaments, dans les bagages qui l’accompagnaient à chacun de ses voyages vers sa maison de Provence. Julien Lefèvre détestait les voyages. Il les avait détestés toute sa vie et avait toujours soigneusement caché cette faiblesse. Lorsque, ce jour-là, il monta dans le TGV qui allait le conduire jusqu’en Avignon, il s’attendait à un voyage d’horreur où des hordes d’enfants turbulents se déchaîneraient, où un malappris, au téléphone, exposerait son intimité aux oreilles de l’ensemble du wagon, où un voisin à l’haleine fétide tenterait d’engager la conversation. Mais rien de tout ceci n’arriva. Une femme à la beauté transalpine, aux yeux délicieusement cernés, dont il préféra par goût du romanesque ignorer l’identité, allait lui permettre de passer 2h42 d’un voyage inoubliable. De telle sorte qu’il en oublia de surveiller sa valise. Lorsqu’il arriva chez lui, Rosalie, son épouse, l’entendit pousser un cri déchirant. La belle Italienne – si toutefois elle l’était – avait échangé leurs bagages. Les angoisses de Julien erraient désormais dans sa valise, perdues entre Avignon et Arles. Il devait se mettre en chasse de la belle pour les retrouver, ignorant du sort que le destin lui réservait. Méfiez-vous des femmes aux yeux cernés…

Citation : « Partir, cela a l’air simple. Ca ne l’est pas toujours. Il faut de bonnes raisons pour ne pas rester là où l’on est. Comment savoir, en quittant un lieu, qu’il n’eût pas été mieux de rester ? Ce que vous attendiez et qui, jusqu’à présent, se refusait, pourrait survenir aujourd’hui, là où vous étiez hier. Alors, pourquoi partir ? En même temps, pourquoi rester ? »
« Pourquoi voyager aussi tôt ? Parce qu’à Paris j’étais seul. Alors se trouver ici ou là, quelle importance! »

Les + :
– l’effet miroir
– la personnification de l’angoisse

Les – :
– récit téléphoné
– Julien Lefèvre

Mon avis : 14/20
Méfiez-vous des femmes aux yeux cernés
m’a été donné par les éditions Fauves que je remercie, et j’ai passé un bon moment avec ce livre entre les mains. Je l’ai lu d’une traite et, même si le récit est complètement téléphoné, le tout fonctionne.
J’ai aimé l’effet miroir du livre avec en particulier les deux citations que j’ai utilisées plus haut : la première se trouvant au début du livre et la seconde à la fin du livre. La boucle est bouclée.
Julien Lefèvre est le personnage que l’on aime et que l’on déteste à la fois. On aime le côté romanesque, l’écrivain en quête d’inspiration. On ne tolère pas l’homme malade, qui se plaint sans cesse, l’infidèle.
J’ai aussi trouvé particulièrement intéressant l’idée de la personnification de l’angoisse. Son angoisse est une personne, une ombre qui le suit partout, qui s’assoit avec lui dans le train, qui se faufile dans sa valise, qui voyage avec lui.
J’ai vraiment été prise par la première moitié du roman avec la découverte de Valentina. J’aurais préféré que l’histoire soit un peu moins prévisible et que la quête de Julien passe par d’autres voyages pour retrouver Valentina/Claudia et que ses angoisses s’atténuent peu à peu.

Les petites morales d’Eugén’Hippie :
– L’amour guérit les blessures : en effet, Julien souffre d’angoisses mais lorsqu’il est confronté à son coup de coeur pour Valentina/Claudia, celles-ci disparaissent.
– Personne n’aime le malheur : Rosalie finit par quitter Julien car celui-ci est insupportable avec ses plaintes incessantes.
– La fidélité est aujourd’hui une qualité dans un couple.

En bref, un livre sympathique à lire le temps d’un trajet en TGV.

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