Résumé : La gloire d’Edmond Rostand est inimaginable aujourd’hui. Ses contemporains le tiennent pour le plus grand écrivain de tous les temps. On devrait encore savoir par cœur ces vers piaffants, cliquetants, étourdissants, à l’image de Cyrano, héros romantique et baroque, d’Artagnan amoureux.
Savant fou tombé de la Lune ou ferrailleur éblouissant, si tous se reconnaissent en lui, s’il nous arrache des larmes, c’est parce qu’il est vrai, d’une profonde vérité humaine. C’est lui que Roxane aimait, son intelligence, son esprit. Cyrano est une part de nous-mêmes, le vengeur des humiliés et des offensés, des timides et des ratés de l’amour. À la fin de l’envoi, c’est toujours lui qui gagne.

Citation : « Prince, demande à Dieu pardon !
Je quarte du pied, j’escarmouche,
je coupe, je feinte… Hé ! là donc
À la fin de l’envoi, je touche. » Cyrano de Bergerac
(J’allais quand même pas mettre la tirade des nez ! Même si cela me démange atrocement)…

Les + :
– écrit en alexandrin, la poésie
– l’histoire d’amour
– la tirade des nez et la balade

Les – :
– des longueurs sur les combats
– les passages avec Deguiche en règle générale

Mon avis : 15/20
Il est toujours bon de refaire sa culture de temps en temps et c’est pour cela que je m’efforce toujours de lire quelques classiques dans l’année. Mon dévolu est donc tombé sur Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand qui se languissait dans ma PAL depuis un long moment. Très bon choix.
J’adore la poésie. Faute d’en lire très souvent, j’aime me plonger dans une pièce de théâtre en vers. En alexandrins de plus. Le travail d’Edmond Rostand est éblouissant. Tout nous chatouille l’oreille agréablement et je ne suis pas insensible à la musique de ses vers. Les plus connus et les plus beaux sont d’ailleurs ceux de Cyrano lui-même avec la tirade des nez « c’est un pic, c’est un cap, que dis-je, une péninsule ! » et l’une de mes préférées la balade (dont j’ai extrait la fin dans la partie citation) « à la fin de l’envoi, je touche ».
Cyrano est un homme malheureux, amoureux de Roxanne sa cousine, qui ne l’aime pas en retour. Elle aime Christian, le beau jeune homme, qui lui n’est pas accoutumé d’un nez hors normes. Cyrano, le poète, va donc déclarer son amour à Roxanne à travers les lettres qu’il écrit de la part de Christian ou durant son discours lors de la fameuse scène du balcon. C’est terrible en fait pour lui et je n’ai pu m’empêcher de le prendre en pitié malgré son ego surdimensionné. Car la vérité c’est que Roxanne l’aime, c’est son esprit qu’elle aime. Ce qui nous tire une petite larme à la fin de la pièce.
En revanche, je me suis quelque peu ennuyée lors de plusieurs passages : la taverne de Ragueneau ou toutes les apparitions de Deguiche que j’avais clairement envie de claquer.
Mais sinon, ce classique français est une beauté et il se lit très vite. Après l’avoir vu en film avec Gérard Depardieu, je serai heureuse de pouvoir le voir au théâtre. Une prochaine sortie ?

En bref, un classique à lire, surtout pour profiter de la beauté des mots de l’auteur.

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