Résumé : Marivaux n’est pas seulement le magicien des ravissements, des confusions et des conspirations amoureuses. Notre siècle, qui a le goût des paraboles sociales, redécouvre ces pièces en un acte, comme cette Colonie subversive où les femmes ont l’idée de prendre le pouvoir…
L’île des esclaves est aussi une utopie, entre la fable philosophique et la comédie à l’italienne. Sur l’île de « nulle part », deux couples de maîtres et d’esclaves échangent leurs conditions le temps d’un « cours d’humanité ». Le serviteur se donne trois ans pour corriger le seigneur de sa barbarie et de sa superbe, trois ans pour le rendre humain, sensible et généreux.
Venu d’une époque qui ne connaissait pas la lutte des classes, ce conte étonne par son amertume et sa souriante cruauté.

Citations :
L’île des Esclaves :
« Dans le pays d’Athènes j’étais ton esclave, tu me traitais comme un pauvre animal, et tu disais que cela était juste, parce que tu étais le plus fort. Eh bien ! Iphicrate, tu vas trouver ici plus fort que toi ; on va te faire esclave à ton tour ; on te dira aussi que cela est juste, et nous verrons ce que tu penseras de cette justice-là. »
La Colonie :
« L’oppression dans laquelle nous vivons sous nos tyrans, pour être si ancienne, n’en est pas devenue plus raisonnable; n’attendons pas que les hommes se corrigent d’eux-mêmes; l’insuffisance de leurs lois a beau les punir de les avoir faites à leur tête et sans nous, rien ne les ramène la justice qu’ils nous doivent, ils ont oublié qu’ils nous la refusent. »

Les + :
– l’idée d’utopie
– un classique
– l’humour

Les – :
– Marivaux ne va pas au bout de ses idées

Mon avis : 12/20
Lors de mon passage au Bac, je n’étais pas franchement très motivée par toutes les œuvres de mon corpus (pour ainsi dire aucune) et je n’avais donc pas lu les livres sur lesquels mes textes portaient. Donc, cinq ans plus tard, me voilà à enfin lire Marivaux, c’est pas trop tôt ! Alors mon avis…
Les deux textes, pièces en un acte, se lisent très facilement. C’était un petit plaisir à lire, d’autant que l’idée de départ me plaît beaucoup. Changer la société, bousculer les mœurs…
Ainsi, que ce soit dans L’Îles des Esclaves ou dans La Colonie, j’ai apprécié le fait que Marivaux propose des nouvelles solutions de gouverner. Ce ne sont pas les idées qui manquent. Les esclaves qui prennent la place des maîtres, les femmes qui font la révolution pour prendre le pouvoir. De belles utopies.
C’est la fin (les deux fins) qui m’ont plus dérangées. Car, je ne sais pas vraiment si c’est de la censure ou si Marivaux avait des idées finalement plutôt arrêtées, à la fin tout « rentre dans l’ordre »… Les femmes de la colonie ne prennent pas le pouvoir et le laisse aux hommes, les esclaves se remettent à baiser les pieds de leurs maîtres dans l’île…
Déception…

En bref, deux pièces amusantes et très rapides à lire qui nous racontent les utopies de Marivaux.

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