Court métrage de Yvon Marciano, 1993 (ma naissance!)

A mon tour de vider mon sac…

Résumé : Une jeune femme se présente à un casting pour un rôle dans un film. Pour convaincre le réalisateur, elle devra vider son sac.

Citation :  » – Oh une bague, elle appartenait à la mère d’un ami. Elle est morte.
– Pourquoi ne la portez-vous pas ?
C’est trop lourd à porter. »

Les + :
– une image en noir et blanc à couper le souffle
– une excellente actrice (Veronika Varga)
– la fin…

Les – :
– la question de la séduction

Mon avis : 19/20
C’est durant un cours sur la critique de cinéma que j’ai découvert ce court métrage. Même si j’aime à parler des nouveautés, j’ai eu envie de faire découvrir ou redécouvrir ce court métrage en en faisant ma critique.
Par où commencer ? Ce court métrage aux multiples récompenses est un chef d’œuvre du 7ème art.
Tout d’abord, la photographie, ces nuances de noir et blanc sont magnifiques et donnent une dimension spéciale au film.
Ensuite, la musique. A part quelques notes d’introduction, le film se déroule sans musique. Oui mais sans la musique au sens où on l’emploie car en vérité, ce court métrage a de nombreuses variations de notes : la voix angélique de Veronika Varga, avec son accent à croquer, ses rires, en opposition avec la voix grave et posée du réalisateur. Ce sont ces tonalités qui forment la musique du film.
Enfin, les plans, au nombre de six en tout et pour tout, sont une décision du réalisateur qui parfait le film. Sur les 20 minutes de séquence, il y a plus de 15 minutes du seul et même plan : un plan américain pour filmer le visage et le buste d’Emilie Muller, pour capter toutes ses émotions et toutes ses vérités.
Mais assez parler technique, venons en à l’intrigue qui n’est pas des moindres. En vous écrivant, j’ai envie de vous dévoiler la fin, cette chute qui m’a fait aimer tout le film finalement.
Au début un peu hésitante, Emilie Muller sort des objets de son sac mais ne trouve pas d’histoires à leur associer. Puis, au fur et à mesure des objets, elles se met à se dévoiler, au début avec de simples anecdotes, puis elle va aller chercher l’émotion du réalisateur avec des histoires plus personnelles.
J’ai beaucoup aimé son parallèle entre les livres et les femmes, qu’elle n’en finirait pas un tant qu’elle n’aurait pas trouvé le bon. Comme un homme voyage de femmes en femmes tant qu’il ne trouve pas celle avec qui il fera sa vie. Même si tout livre doit être fini à mon goût, j’ai trouvé cette parenthèse jolie.
Tout est joli d’ailleurs, je trouve le mot tout à fait approprié. L’image est jolie, l’actrice est jolie, ses histoires sont jolies.
Pourquoi pas 20/20 me direz-vous après un tel éloge ? Tout simplement pour une minute du film, une seule. Une minute d’hypocrisie pour moi lorsque le réalisateur demande à Emilie si elle aime séduire et que la question est soldée par un « non » ravageur. C’est pas beau de mentir Emilie…
Oui mais la limite est fine entre le mensonge et jouer la comédie et « Emilie Muller » nous apprendra bien au moins cela.

En bref, un magnifique court métrage. A voir et à revoir pour comprendre quelques détails que l’on aurait laissés de côté.

A voir ici :
Emilie Muller , partie 1
Emilie Muller, partie 2

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